Désindexation des fonctionnaires : attention aux apprentis sorciers

Le mardi 26 mars 2013, France 2 a diffusé dans son Journal Télévisé, un reportage à charge contre l'indexation des fonctionnaires  (1) en Nouvelle-Calédonie, au motif qu'elle serait responsable de l'inflation des prix.


Pour rappel, la Nouvelle-Calédonie comptait en 2010, 23.852 fonctionnaires dont 9.298 contractuels (2), pour une population active composée de 96.410 occupés (population totale : environ 250.000 habitants).

 

Les fonctionnaires représentent donc moins de 10% de la population totale, et moins d'un quart des actifs occupés.

 

L'indexation est de 1,7 pour le grand Nouméa, et 1,91 pour le reste du territoire.


 

Prenons un exemple : pour un fonctionnaire qui touche 300.000 FCFP, la suppression de l’indexation ferait tomber son salaire à moins de 180.000 FCFP (cas d’un coefficient de 1,7). Ce qui représenterait une perte sèche de 120.000 FCFP de salaire.

 

Les conséquences seraient donc désastreuses pour cette catégorie, dont une partie a contracté des crédits (notamment immobiliers) à la hauteur de leurs salaires actuels.

 

Si à l'origine, l'indexation des fonctionnaires était une compensation par rapport au coût de la vie outre-mer pour les fonctionnaires nationaux, les collectivités territoriales ont fait le choix de calquer les rémunérations indexées pour les territoriaux. Aujourd’hui, rentrée dans les mœurs, elle est indispensable pour tous.

 

Il est utopique de penser que la désindexation des fonctionnaires réglerait comme par miracle le problème de la cherté de la vie en NC. 

 

En effet, la dernière réforme des salaires de la fonction publique territoriale remonte à 2009, soit maintenant 4 ans de stagnation, quand l'inflation n'a cessé de croître. Il n'y a donc pas de relation de cause à effet entre l'inflation et l'indexation des fonctionnaires.

 

De plus, les prix ne sont pas calés sur le pouvoir d'achat des fonctionnaires. Ce sont d'autres facteurs et acteurs qui sont à l'origine des prix actuels (importateurs, grandes distributions, monopoles, taxes, frais de transport, marges exagérées, etc.). 

 

La désindexation n'entraînerait donc qu'un simple appauvrissement des agents, un évidement de la fonction publique, et indirectement une augmentation du risque de corruption, comme cela est constaté dans d’autres pays.

 

La solution consisterait plutôt en un rattrapage des salaires du public par le privé, et en une réduction du ratio entre les plus hauts et plus bas salaires, car à ce jour, la classe moyenne du privé tend à disparaitre.

 

Au lieu d'amputer le salaire des fonctionnaires, ce qui ne ferait le bonheur ni des uns, ni des autres, il faut créer de la richesse, en rassurant et motivant les investisseurs, pour distribuer de meilleurs salaires dans le secteur privé.

 

(1).https://www.facebook.com/photo.phpv=543850602305183&set=vb.462981387058772&type=2&theater

(2). "Tableau de l'Economie Calédonienne", rapport ISEE édition 2011.

 

 

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