Le modèle des Iles Cook, toboggan du Rump vers l'Etat associé et l'indépendance

Alors qu’il prétend défendre le maintien de la Calédonie dans la France, l’entourage de Pierre Frogier met de plus en plus en avant l’exemple des Iles Cook dans son projet de sortie de l’Accord de Nouméa.
Le MRC met solennellement en garde les Calédoniens contre ce piège qui reviendrait à nous faire quitter définitivement la République Française et à propulser par traîtrise la population dans l’indépendance.

 

 


Le RUMP a diffusé une vidéo qui tente de rassurer les Calédoniens sur la vision prophétique de Pierre Frogier :http://www.youtube.com/watch?v=Mo8jEpbCejM


Dans cette vidéo, le Rump écarte l'idée d'un Etat associé, et pourtant en même temps l'exemple qu'il cite c'est bien celui des Iles Cook, qui est un toboggan direct vers l'indépendance.

Les Iles Cook sont un "Etat".

Il ne s'agit certes pas d'un "Etat" reconnu par l'ONU, contrairement aux états associés aux USA que sont les Iles Marshall, Palau, et la Micronésie, car c'est la Nouvelle-Zélande qui exerce la compétence en matière de politique internationale pour le compte des Iles Cook, conformément au Cook Island Constitution Act de 1964.

http://www.parliament.gov.ck/Constitution.pdf


Les habitants des Iles Cook ont donc un passeport néo-zélandais.

 

Mais pour autant, les Iles Cook sont bien un Etat souverain, avec une Constitution, et selon les termes du Cook Island Constitution Act, ils peuvent mettre fin à tout instant à leur relation avec la Nouvelle-Zélande.


Il suffit que les premiers ministres des deux pays en conviennent. Tout simplement.

En droit, les Iles Cook sont d’ailleurs indépendantes de fait, car le Gouvernement des Iles Cook a les pleins pouvoirs pour les affaires intérieures, et aucune loi de Nouvelle-Zélande ne peut s’appliquer sans l’accord du parlement local, ce qui ne protège pas les habitants contre les abus de pouvoir.

A partir du moment où on envisage de faire de la Nouvelle-Calédonie un Etat, avec une Constitution, solution que le MRC refuse catégoriquement depuis toujours par principe, il ne peut exister que deux types de relations :

 

*Une relation « forte » sous forme de fédération d’Etats comme aux Etats-Unis ou en Australie

 

*Une relation « faible » sous forme d’association, comme c’est le cas entre la Nouvelle-Zélande et les Iles Cook


La solution fédérale est très peu crédible, voire utopique.


Si la tradition politique anglo-saxonne est familière des fédérations d'états, comme aux USA, au Canada, ou bien plus près de nous en Australie, ce n'est pas le cas en France, où la constitution n'est pas faite pour cela.


La raison en est simple: les fédérations d'Etats Anglo-Saxonnes, ou autres, sont constituées dès le départ entre des parties de tailles équivalentes ou suffisamment nombreuses pour permettre la coexistence de parlements locaux et d'un parlement fédéral.

Modifier la Constitution Française a posteriori pour la faire passer d’une France Une et Indivisible à une fédération, c’est l'alourdir pour faire coexister un Etat de 250.000 habitants avec un Etat de 65 millions, ce qui n'a aucun sens.
On n'imagine pas un parlement fédéral ou une constitution fédérale Française avec les conséquences que cela aurait sur toute l’architecture politique Française uniquement pour satisfaire moins de 100.000 indépendantistes.

Nous n'obtiendrons jamais, si nous prenons ce chemin, un dispositif fédéral permettant de sécuriser durablement la relation avec la France.

Reste alors une relation faible, sur le modèle des Iles Cook.

C’est ce modèle qui inspire depuis un moment la réflexion de Pierre Frogier. Et c’est la raison pour laquelle il avait évoqué dans son discours de Boulouparis en Octobre 2009, après les élections provinciales, où il disait vouloir purger l’indépendance,  que la Nouvelle-Calédonie décide de céder librement les compétences régaliennes à la France.

http://a.imageshack.us/img832/3025/discoursfrogierbouloupa.jpg


Bien entendu, on ne peut pas céder des compétences régaliennes qu’on ne possède pas !

 

C’est pourquoi l’entourage de Pierre Frogier travaille en secret depuis fin 2009 à une solution consistant à faire voter par les Calédoniens l’accession à la souveraineté et en même temps à approuver une délégation des compétences régaliennes à la France.


La libre cession des compétences régaliennes à la France, comme le propose Frogier, aurait en fait pour résultat une simple et fragile convention de délégation des compétences régaliennes à la France, révocable à tout moment par chacune des parties, comme c’est le cas aux Iles Cook. Soit à l'initiative d'une opinion Française lassée du "boulet" Calédonien à force d'incidents, soit à l'initiative d'un gouvernement local nationaliste, tirant prétexte d’un quelconque conflit avec Paris.


Compte tenu de la richesse en Nickel de la Nouvelle-Calédonie et de sa taille il sera profitable pour les nationalistes locaux de tout faire pour déstabiliser la relation désormais ténue avec la France, pour lui donner prétexte à rompre sa convention de délégation des compétences régaliennes.

Il suffira pour cela de quelques troubles savamment organisés et nous savons que cette menace existe déjà.

Rentrer dans cette logique c'est donc prendre une trajectoire de sortie de la République à très court terme, car en se proclamant Etat, on adresse à la France le mauvais message ; celui que la Nouvelle-Calédonie veut voler de ses propres ailes et que la France est fondée à s'en éloigner petit à petit, en n'assumant qu'une mission de protectorat, et en n'étant plus tenue par la notion de solidarité nationale, préparant ainsi les esprits à un lâchage futur, devenu bien plus simple à exécuter.

Le projet du Rump est une vue de l'esprit, une utopie criminelle car trompeuse, qui ne tient pas compte des ambitions nationalistes locales et qui nous mènera à l'indépendance à petit feu, sur un horizon de 5 à 10 ans.

L'exemple des Iles Cook n'est tout simplement pas pertinent.

Si les Iles Cook sont associées avec la Nouvelle-Zélande, c'est parce qu'elles sont un micro-état de 11.000 habitants, soit moins que les Iles Loyauté.

A part un peu de tourisme et surtout une activité de paradis fiscal, les Iles Cook ne sont pas viables économiquement et vivent sous perfusion financière de l'Etat Néo-Zélandais.
Les Iles Cook sont obligées par nécessité de rester dans cette relation bancale avec la Nouvelle-Zélande, car elles ne sont finalement qu'une sorte de grosse réserve ethnique pour une population qui sinon vivrait dans la misère.

Mais la Nouvelle-Calédonie, elle, par sa taille, et la ressource très convoitée du Nickel, pourrait sans difficulté se détacher et ainsi profiter à une classe politico-affairiste parasite, acoquinée avec des intérêts étrangers, et prête à sacrifier sans aucun scrupule le niveau de vie des populations, sous le masque de la « décolonisation ».


Une telle stratégie n'est d'ailleurs pas forcément le monopole du camp indépendantiste et on doit très sérieusement s'inquiéter des discours parfois ambigus des uns et des autres sur la "souveraineté économique" de la Calédonie.

 

L'émancipation de la Nouvelle-Calédonie aiguise les appétits de pouvoir de ceux qui s'imagineraient bien diriger une sorte de république bananière sous simple protectorat militaire Français, mais sans droit de regard de la République sur leurs agissements.


Nous ne voulons pas de cet avenir de misère et de dictature pour notre pays.

Nous voulons le meilleur avenir possible pour nos familles, et nous savons que ce meilleur avenir possible, c'est la France seule qui nous le garantit.

Nous ne devons donc pas accepter les fausses bonnes solutions trompeuses proposées par ceux qui ont perdu le soutien des Calédoniens, car à force de revirements, de reniements, de faiblesse, de lâcheté et de compromissions avec les indépendantistes, ils ont démontré par leurs actes que leur parole ne mérite plus notre confiance.

 

Le MRC appelle les Calédoniens à rejeter ces solutions-pièges et à exercer leur droit de rester DANS la France, comme cela est prévu par l'Accord de Nouméa.

 

 

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