Le MRC prône l’ouverture du ciel calédonien

Le constat

 

Du côté des Calédoniens, le sentiment d’être pris en otage se confirme. Les prix du billet d’avion au départ du Territoire sont devenus prohibitifs. Tout spécialement sur les destinations régionales (Sydney, Brisbane, Auckland), les prix au km sont réputés parmi les plus élevés au monde. A titre d’exemple, la liaison Nouméa / Sydney / Nouméa coûte au bas mot 60.000 F avec des conditions drastiques (billet non modifiable, paiement intégral à la réservation), lorsque la liaison Auckland / Sydney / Auckland est facturée à un prix moyen de 20.000 F alors que le trajet est plus long.

 

Du côté des hôteliers, le désastre se précise. Le taux de remplissage des hôtels de Nouméa ne cesse de chuter, et certains établissements sont sur le point de mettre la clé sous la porte. Selon eux, les tarifs aériens et le nombre de sièges limités en période estivale freinent considérablement l’essor du tourisme de masse. Les hôteliers ont ainsi l’impression d’être maintenus sous perfusion, comme une sorte de goutte à goutte morbide.

 

Comment en est-on arrivé là ?

 

Sans refaire toute l’histoire du trafic aérien en Nouvelle-Calédonie, Aircalin a trouvé pleinement sa place en 2003 dans le paysage local, lorsqu’il s’est agi de remplacer Air France sur le tronçon Nouméa / Japon. Cette montée en puissance a été rendue possible grâce à l’achat de deux Airbus financés par l’ADANC (agence pour la desserte aérienne de la Nouvelle-Calédonie), établissement public attaché au gouvernement de Nouvelle-Calédonie.

Le choix d’achat des deux avions correspondait à l’époque à une stratégie clairement définie de promotion du tourisme enprovenance du Japon. Les objectifs chiffrés annonçaient alors 55000 touristes japonais pour 2008, contre 31000 en 2000 lors de ce chiffrage. Ainsi, le business-plan permettait, grâce à une liaison quotidienne avec le Japon, le financement de l’investissement par le développement du trafic aérien sur cet axe stratégique et l’augmentation de la consommation touristique sur le territoire.

Hélas, la suite n’a pas donné raison à ces estimations sur lesquelles devait se construire le développement d’Aircalin, le tourisme nippon n’ayant pas réussi à décoller. Bien au contraire, le nombre de touristes japonais a chuté lourdement, puisqu’on n’en comptabilisait plus que 19000 en 2009. Cette baisse aurait pu être compensée par l’augmentation, non prévue elle aussi, du trafic avec la métropole. Malheureusement, l’accord passé avec Air France prévoit que les sièges au départ de Nouméa en direction de Paris sont prioritairement vendus au bénéfice d’Air France. Seuls les autres sièges (à destination de l’Asie ou de la Métropole via d’autres compagnies qu’Air France) reviennent prioritairement à Aircalin. Ainsi, Air France continue de bénéficier largement de cet accord, au détriment d’Aircalin.

L’ADANC étant engagée financièrement au remboursement des Airbus, Aircalin a donc considéré n’avoir d’autre choix que d’augmenter lourdement ses tarifs sur les lignes les plus rentables que sont les destinations régionales telles que Sydney, Brisbane et Auckland. S’accompagnant d’un « verrouillage » qui a suffi à dissuader la compagnie Air Austral de maintenir son escale, la stratégie japonaise se paie au quotidien par les utilisateurs d’Aircalin, qui se voient tout de même remerciés à la fin de chaque vol d’avoir « choisi » Aircalin.

 

Les propositions du MRC

 

La cour des comptes a publié un rapport en 2010 à l’intérieur duquel elle ouvre des pistes de réflexion. Le MRC approuve globalement les conclusions de ce rapport, et s’engage au vu de ces éclairages à faire évoluer les points suivants :

-          L’accord conclu avec Air France est un contrat annuel, révisable donc chaque année. Or il n’a jamais été rediscuté entre les partenaires depuis sa signature initiale ; Il apparaît donc urgent de renégocier avec le partenaire Air France des termes qui sont à l’évidence très favorables, trop favorables, à ce dernier.

-          La « stratégie japonaise » doit être reconsidérée. Les touristes nippons n’ont jamais répondu aux attentes et aux espoirs fondés lors du remplacement d’Air France par Aircalin sur les lignes Nouméa / Japon. Il ne s’agit donc pas de briser totalement la route de la Métropole par le Japon, mais pour le moins de se satisfaire de la seule ligne Nouméa / Tokyo. L’abandon des escales d’Osaka et de Séoul offriraient ainsi à la compagnie l’opportunité d’escales plus attractives.

-          Si la route vers la Métropole par le Japon est en effet la plus courte, l’expérience récente (Air Austral) a montré que les passagers acceptaient, lorsque le coût est moindre, un trajet plus long. D’autres destinations asiatiques mériteraient qu’Aircalin y porte intérêt. La Chine, et notamment sa porte d’entrée Hong Kong ou Shanghai, apparaît aujourd’hui comme un marché véritablement porteur puisque le tourisme chinois se développe fortement. Par ailleurs, la destination est de plus en plus attractive pour les Calédoniens, notamment le tourisme d’affaires. L’escale de Bangkok semble également stratégique dans la mesure où le partenaire Air France y assure une liaison régulière depuis paris, que les tarifs Bangkok / Paris sont très attractifs et que la destination elle-même est également de plus en plus prisée par les Calédoniens. D’autres destinations telles que Singapour, Kuala Lumpur pour l’Asie, ou Los Angeles pour les Etats Unis, méritent d’être étudiées.

-          Aircalin doit rechercher d’autres moyens que la surfacturation des lignes régionales pour compenser les pertes japonaises. Des économies doivent être réalisées en interne afin de minimiser l’impact sur le prix. Ces économies sont possibles en matière de dépenses de fonctionnement, d’avantages sociaux, d’optimisation des circuits…

-          Le ciel calédonien doit pouvoir s’ouvrir à d’autres compagnies. Le gouvernement australien a récemment affirmé son souhait de résilier le contrat de limitation d’échanges qui le lie à la Nouvelle-Calédonie. Nous sommes convaincus au MRC que l’arrivée d’une concurrence aérienne ne mettrait pas en danger l’avenir de la compagnie calédonienne, mais créerait au contraire les conditions d’une dynamisation profitable pour tous du secteur aérien.

 

Il n’est pas envisageable que l’insularité de la Nouvelle-Calédonie la transforme en prison dorée. C’est pourtant devenu le cas depuis quelques années, avec des tarifs prohibitifs qui privent toute une partie de la population de voyager et de s’ouvrir ainsi sur le monde. Nous pensons spécialement à notre jeunesse pour laquelle l’opportunité de sortir du territoire est souvent une impérieuse nécessité.  Le MRC s’engage donc, lorsque les électeurs lui auront fait confiance, à rétablir les conditions d’une saine concurrence et développer parallèlement avec la compagnie locale une nouvelle stratégie dont l’objectif sera celui de l’ouverture du ciel calédonien.

 

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