Finances publiques calédoniennes : ne faisons pas les mêmes erreurs qu’en métropole

La Nouvelle-Calédonie les trois années à venir une période de turbulences.


Nos recettes sont en baisse, à cause du ralentissement économique local et de la morosité du marché du Nickel.
Les stocks du LME approchent des 380.000 tonnes, niveau historiquement exceptionnel, et malgré l'embargo sur les exportations indonésiennes, les cours resteront déprimés en l'absence d'une reprise économique forte dans le Monde.

 

A cause de la baisse de nos recettes fiscales, toutes les collectivités vont devoir se serrer la ceinture.
Certaines plus que d'autres. Les Provinces Iles et Nord ont des recettes structurellement plus confortables, avec 900.000 XPF par habitant de recettes réelles de fonctionnement aux Iles, et 640.000 XPF dans le Nord.
Le Sud doit se contenter de 280.000 XPF, à cause de la clé de répartition qui avantage les deux provinces indépendantistes.
Les communes sont aussi très mal loties et vont souffrir de la situation.
Quant à la collectivité Nouvelle-Calédonie, elle est durement touchée parce qu'elle va devoir combler les déficits sociaux du minimum vieillesse et du complément retraite de solidarité.

 

Face à cette crise prévisible, les partis loyalistes se sont entendus dès le lendemain des élections, en signant le Contrat de Gouvernance Solidaire. La Conférence économique et sociale a ensuite permis de se mettre d'accord sur un train de mesures fiscales pour trouver de nouvelles ressources : augmentation de l'IRVM, CGS, Contribution additionnelle à l'IS.

 

Nous avons évidemment avec ces mesures d'urgence alourdi notre fiscalité et malgré cela nos finances resteront très tendues, sauf miracle économique.
Aller au-delà serait dévastateur pour les entreprises et les salariés.

 

La Nouvelle-Calédonie va devoir choisir. Continuer à alourdir sa fiscalité ou mieux maitriser ses dépenses.
Le chemin à ne surtout pas suivre c'est celui de la métropole avec une fiscalité étouffante (pour une dépense publique la plus lourde de l'OCDE après le Danemark) qui fait fuir les investisseurs et les talents, et pour autant un niveau de chômage
insupportable et un Etat en pleine déliquescence dans ses missions fondamentales comme la Défense, la Justice, ou la Sécurité, malgré une dette faramineuse, qui dépassera bientôt les 100% du PIB.
La France nous prouve que toujours plus d'impôt ne veut pas dire un meilleur service public.

 

C'est d'autant plus vrai qu'en Nouvelle-Calédonie, isolée, avec une faible population (Malte a plus d'habitants que nous), notre prospérité insolente des dernières années n'a été due qu'à l'afflux d'argent des deux chantiers des usines du Sud et du Nord.

 

L'atterrissage est brutal, car selon le Gouvernement local, aucun relais d'investissement privé n'a été trouvé et les collectivités ne sont pas en mesure de compenser par leurs investissements publics.


La seule solution pour ne pas entraîner une crise de l'investissement, c'est de revenir à une administration moins pesante pour les entrepreneurs. Nous avons accumulé avec le temps certaines contraintes administratives qui détournent les chefs d'entreprise de leur première mission : créer de la valeur avec leur entreprise.


Il faut sim-pli-fier et alléger les contraintes administratives lorsqu'elles ne sont pas essentielles.
Ensuite, nous élus, nous allons devoir opérer une révolution culturelle.
Si nous voulons mieux comprendre où nos dépenses dérapent, il faut d'abord instaurer une culture de la transparence.
Nous sommes comptables de l'argent des contribuables.
Comme le disait Philippe Séguin dans un discours à Nouméa le 9 janvier 2009
"L'argent public, contrairement à ce qu'on croit trop souvent, ça n'est pas l'argent de personne. L'argent public, c'est l'argent de tout le monde."

 

L'information en ligne, accessible à tous directement, est notoirement insuffisante.

 

Les élus eux-mêmes n'ont pas les éléments pour apprécier la saine gestion de certaines entités qui reçoivent des sommes très importantes de la Nouvelle-Calédonie.

 

Disons-le: nous ne maitrisons pas les dépenses de santé, alors que c'est de toute évidence, la source principale de nos dérapages financiers.

 

A moins de reproduire les erreurs de la métropole et d'entrainer les Calédoniens dans une spirale fiscale mortelle, il va falloir rentrer dans une ère d’économies.

 

C'est d'autant plus impératif que la Nouvelle-Calédonie ne peut pas (et c'est tant mieux) vivre artificiellement au-dessus de ses moyens et s'endetter pour son fonctionnement, comme le fait l'Etat Français de façon suicidaire.

 

De la même façon le temps est venu de passer aux actes en ce qui concerne les déséquilibres budgétaires qu'on a laissé enfler pour « acheter » la paix politique.

 

Oui il faut du rééquilibrage, mais il ne peut pas y avoir d'un côté les élus qui assument la responsabilité politique de lever des taxes et de l'autre certains élus qui n'assument que les dépenses en faveur de leurs électeurs.

 

C’est le reproche qui s’adresse à l'UC, qui a boycotté la conférence économique et sociale et qui n'a pas signé l'agenda fiscal, tout en maintenant par ailleurs des exigences politiciennes.

 

La préservation à long terme des acquis sociaux des Calédoniens, le maintien d'une éducation et d'une santé de qualité, nous imposent de devenir de meilleurs gestionnaires.

Pour cela, nous devons mettre en place la transparence de l'utilisation des fonds publics par une diffusion large et pédagogique, rendre publics les bilans de toutes les entités financées par la Nouvelle-Calédonie.
Nous devons également installer au plus vite une inspection générale des services qui pourra mener les audits de nos finances publics, indépendamment des changements de majorités politiques.
Et enfin, il faudra tôt ou tard revoir la clé de répartition pour l’adapter aux besoins de la population.

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