Monnaie et Crédit : les vrais enjeux

Par Philippe Blaise.



Dans le débat sur la compétence régalienne en matière de monnaie et de crédit, voici ce que j'ai indiqué aux missionnaires de l'Etat MM Dassonville et Lombrière, lors de notre rencontre bilatérale avec les élus de l'UCF :




Il est indispensable de rappeler le fonctionnement du système bancaire local qui est la clé de voûte de notre économie et qui conditionne, avec la question des transferts, les choix pertinents pour notre monnaie.


La Nouvelle-Calédonie est structurellement déficitaire en ressources financières et a besoin pour continuer à offrir l'accès au crédit aux ménages, pour acheter des maisons, des voitures, financer les PME, de se refinancer en Europe, auprès des maisons mères. Le risque politique créé par le FLNKS aggrave cette situation avec l'évasion de l'argent vers des placements extérieurs plus sûrs.

De plus nous n'avons pas assez de surface financière dans nos banques pour financer le développement soutenu de nos infrastructures, comme le médipôle ou la ZAC Dumbéa sur mer où ce sont l'AFD et la CDC qui interviennent en pompier.


Je ne parle même pas des centaines de milliards pour financer les usines, qui ont été prêtés par des pools de banques internationales directement aux multinationales du Nickel hors territoire.

Il faut donc emprunter à l'extérieur en Euro.


Notre déficit structurel qui nous oblige à emprunter des ressources extérieures à prix élevé, au lieu de bénéficier de liquidités locales à bas coût, pour les transformer en emprunts longs est aussi la raison principale qui explique que nos crédits sont plus chers qu'en Europe.

Si nous sortons de l'Euro ou si nous dévaluons, ces dettes resteront libellées en Euro et nous ne pourrons plus les rembourser ou bien trouver de nouveaux emprunts.


Notre appartenance à l'Eurosystème via la France apporte une garantie à la signature du système bancaire local que nous n'aurions pas en tant que système indépendant, car nous appliquons toutes les règles prudentielles de la zone Euro.


Les Grecs de Syriza ont cru qu'ont pouvait faire défaut sur sa dette existante et continuer à emprunter pour financer son train de vie et ses fonctionnaires comme si de rien n'était. Ils ont vite compris que les discours politiciens ne tiennent pas face à la réalité.


Donc avant que pour des raisons purement idéologiques les nationalistes irresponsables ne fassent n'importe quoi, rappelons que le but c'est d'abord de préserver l'accès au crédit aux populations locales et d'éviter une économie néocolonialiste comme au Vanuatu, où il y a d'un côté des ultras nantis profitant du paradis fiscal, et de l'autre la masse des pauvres.


Ce qui est vrai en revanche, c'est que l'IEOM ne joue pas son rôle de banque centrale car elle n'a pas les outils de refinancement dont notre économie a besoin.

Eux mêmes en conviennent.


Il est donc impératif de faire évoluer l'IEOM vers le même système que celui qui permet de refinancer les banques des Départements d'Outre Mer.


C'est un chantier concret qui peut aider à baisser le coût de la ressource et à aligner les taux du crédit sur ceux de la métropole.

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