Le référendum sur l'indépendance est une nécessité, et nous devons y aller pour faire gagner notre projet de société dans la France.

Tribune de Philippe Blaise, Président du MRC

 

 

Je lis parfois ici ou là des déclarations sur le référendum marquées par la peur de son résultat. Beaucoup voudraient qu'il n'y ait pas de perdant et pas de gagnant.


Ces peurs de la réaction du camp indépendantiste suite à leur défaite nourrissent les discours de ceux qui voudraient que pour échapper à cet exercice nous acceptions un nouvel accord. Mais un nouvel accord pour quoi et avec quel contenu ? 



Chaque nouvel accord semble nous obliger à une concession supplémentaire en échange de la signature du FLNKS. Nous avons ainsi fait des concessions excessives au travers de l'Accord de Nouméa. Des concessions dont nous n'avons pas maîtrisé les conséquences, comme pour le corps électoral et son pendant la citoyenneté. 


Rappelons-nous bien qu'à chaque fois qu'une ambiguïté a été acceptée dans un accord, la classe politique de métropole l'a systématiquement interprétée dans le sens voulu par le FLNKS. C'est comme cela que nous avons laissé des milliers de Calédoniens être traités en étrangers dans leur propre pays, et laissé une citoyenneté basée sur l'exclusion se mettre en place.


Les indépendantistes eux ne se posent pas la question de savoir s’il faut un gagnant et un perdant.

Ils l’ont réaffirmé dans les congrès de l’UC et du PALIKA : ils y vont pour qu’ils soient gagnants et pour que nous soyons perdants.


Ils n’ont pas d’état d’âme. Ils ne cherchent pas à faire plaisir au camp loyaliste.


Ils ne se posent pas de question éthique et n’ont pas de scrupule lorsqu’ils martèlent lors de débats au Congrès que le natif non-kanak doit prouver qu’il mérite de voter, alors que le Kanak doit pouvoir voter, même sans être inscrit sur la liste. 


Il faut que les Calédoniens acceptent que nous ne sommes pas dans l’école des Fans où tout le monde gagne à la fin. Il y aura un gagnant. Il y aura un perdant. C’est le principe de tout référendum.


Oui cela déplaira et suscitera des tensions, mais il ne faut pas pour autant céder aux sirènes des Munichois de service qui essaient de nous expliquer que la démocratie est dangereuse. 


Nous ne sommes pas non plus dans une compétition entre communautés, où la victoire du maintien dans la République emporte un préjudice irrémédiable à ceux qui portent l’indépendance.

Nous sommes dans une compétition entre deux projets de société :


Il y a celui du FLNKS qui, malgré les belles paroles, se construit dans une volonté d’exclusion et de montée d’un projet ultra communautariste où le discours xénophobe est banalisé au quotidien.

Il y a celui de la République dont la supériorité est de garantir les mêmes droits à tous, indépendamment de ses origines.


Personne ne nie les retards sociaux et économiques mais qui aujourd’hui offre le plus de respect des droits, de protection sociale et de perspectives ?


Le projet doctrinaire du FLNKS, qui vit dans l’ignorance volontaire de la responsabilité sociale et économique, ou celui du maintien dans la République, qui permet de financer nos routes, nos écoles ou nos hôpitaux ?


Quelle liberté nouvelle auront les indépendantistes par rapport à aujourd’hui où ils contrôlent deux provinces subventionnées par la France ?


Quelle liberté nouvelle peut-on revendiquer au sein d’un pays qui est l’un des plus libres au monde ?


En revanche, qu’adviendra-t-il de notre économie, de notre protection sociale, de nos écoles ?

Le FLNKS a-t-il seulement expliqué à tous ses fonctionnaires du Nord, des Iles et du Sud, que le lendemain de l’indépendance, quand l’argent s’en ira, quand l’économie reviendra au niveau d’un pays indépendant insulaire perdu au fond du pacifique, les recettes fiscales fondront et qu’il faudra en licencier plus d’un tiers ? 

Qui parmi les fonctionnaires indépendantistes indexés se porte volontaire dès aujourd’hui pour se sacrifier au nom de la cause indépendantiste ?


Les conséquences du projet indépendantiste sont prévisibles.


Elles sont inacceptables pour le bien être de la société calédonienne et pour sa cohésion sociale.


Donc oui il est légitime que nous espérions qu’il y ait un gagnant et un perdant au référendum.


Cela ne nous empêchera pas de travailler dès à présent et pour les années futures à améliorer notre modèle social Calédonien pour le rendre plus juste et plus agréable pour tous, dans la France.


Nous sommes en 2015. Le référendum aura lieu de façon quasi inévitable en 2018.


Les indépendantistes ont déjà commencé à mobiliser en comptant sur le réservoir des abstentionnistes. 

Ils comptent également sur le flou juridique qui entoure la notion d'intérêts moraux et matériels pour empêcher l'inscription des Calédoniens qui ne sont pas de statut coutumier.


Nous avons le devoir, nous loyalistes de nous mobiliser aussi et d’aller chercher chaque voix, notamment auprès d’une jeunesse qui n’a pas toujours conscience des enjeux pour son propre avenir.


Préparons ce référendum, sans hésitation, et faisons gagner la majorité qui veut rester dans la France.

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